|
|||||||||||||||
![]() « Maintenant en exil… oui à la maison, Mahmoud Darwich n’est plus. Né en 1941 en Galilée, il demeurera sans conteste l’une des figures de proue de la poésie palestinienne. A 67 ans, Darwich s’est éteint à Houston le 9 août, des suites d’une opération à cœur ouvert qui s’est soldée par de nombreuses complications.
Profondément engagé dans la lutte de son peuple, il a toujours aspiré à la paix. Dans les années 60, le poète rejoint l’OLP au sein de laquelle il est élu membre au comité exécutif. En 1993, il quitte l’organisation en guise de protestation contre les accords d’Oslo. Après des années d’exil, il rentre à Ramallah où il choisit de s’installer. Président de l’union des écrivains palestiniens, il a publié plus de vingt volumes de poésie, pour la plupart chez Actes Sud et traduits par Elias Sanbar. Deux semaines avant son décès, il avait participé à un récital de poèmes organisé par la maison Actes Sud à Arles ; moments d’intenses émotions au cours desquels le poète a célébré l’amour, la fuite du temps, l’exil, laissant paraitre l’amertume suscitée par la situation de son pays. De par la poésie, il est également auteur de plusieurs essais dont Ramallah, Etat de siège, La Palestine comme métaphore, fut rédacteur de plusieurs publications comme Al fajr (L’aube) ou Affaires palestiniennes. Aujourd’hui reconnue internationalement, son œuvre se concentre sur la nostalgie de la patrie perdue. Elle lui a valu plusieurs récompenses et surtout une renommée internationale puisqu’elle fut traduite dans 22 langues. Son dernier recueil Comme des fleurs d'amandier ou plus loin rassemble une trentaine de textes courts célébrant de façon accessible mais savante les choses simples de la vie. L'ouvrage se termine sur quatre poèmes plus amples, dont un hommage au penseur palestino-américain Edward Saïd. En septembre 2008, Actes Sud compte rééditer dans la collection Babel Une mémoire pour l'oubli essai dans lequel l’auteur raconte l’impossibilité de rejoindre ses terres en 1982 et ce pendant le siège de Beyrouth. En définitive, l’œuvre de Darwich est dense ; essentiellement poétique, c’est une véritable défense et illustration d’une terre, d’un peuple, d’une culture. Elle est pétrie par la question palestinienne. « Mais nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir. Espoir de libération et d’indépendance. Espoir d’une vie normale où nous ne serons ni héros, ni victimes. Espoir de voir nos enfants aller sans danger à l’école. Espoir pour une femme enceinte de donner naissance à un bébé vivant, dans un hôpital et pas un enfant mort devant un poste de contrôle militaire. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour et de paix. » Message fort, clair, intense. Cette phrase résume toute l’œuvre de Mahmoud Darwich, lutte pour une cause qui durera toute une vie…. Une vie trop courte…. « Ni patrie ni exil que les mots, Mais passion du blanc Pour la description des fleurs d’amandier. Ni neige ni coton. Qui sont-elles donc Dans leur dédain des choses et des noms ? Si quelqu’un parvenait A une brève description des fleurs d’amandier, La brume se rétracterait des collines Et un peuple dirait à l’unisson : Les voici, les paroles de notre hymne national…. » Extrait de Comme des fleurs d'amandier ou plus loin traduits par Elias Sanbar. |
|||||||||||||||
| A propos d'Alinea - a propos d'Antoineonline - contactez nous - Plan du site | |||||||||||||||
| Powered by Amphipole. |