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Alinea, la newsletter de la librairie Antoine #22 
Jeudi 21 janvier 2010  
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En Exergue

Alinea a le plaisir de partager avec vous les sorties remarquées de la fin de l'année et de la rentrée.

 
Mes illusions donnent sur la cour de Sasha Sperling chez Fayard

Dix-huit ans et déjà un livre. Dix-huit ans et déjà tant de désillusions. Dix-huit ans et déjà des mots forts, cruels, violents. Sasha Sperling a dix-huit ans et son livre fait froid dans le dos. Son univers est pourtant celui d’un jeune homme privilégié qui fréquente un excellent collège et qui est entouré de confort, de sa maman et de son groupe d’amis. Mais la tristesse et le désespoir qui baignent ce livre sont intenses et le malaise du jeune homme est palpable. Qu’arrive-t-il donc à cette génération qui fait ses débuts dans la vie avec tant de poids sur le dos et tant de mal-être que c’en est presque indécent ? Un livre remarquable sur lequel il faut s’arrêter.
 

Peur noire de Harlan Coben chez Fleuve Noir

Le dernier Coben se lit comme les autres, facilement et rapidement. On y retrouve Myron Bolitar, très attachant agent sportif qui se transforme, au gré de ses enquêtes en détective privé performant. Le style est là, le suspense intelligent, le sujet très humain. On pourrait juste déplorer une précipitation vers la fin du roman qui complique un peu la trame et oblige le lecteur, pourtant habitué à la fluidité de l’écriture de Coben, de monter d’un cran sa concentration. Mais cela reste sans conteste un plaisir. 

 

L'empreinte sanglante chez Fleuve Noir

L’idée de réunir huit maîtres du thriller français était lumineuse. Tous devaient débuter leur nouvelle par une phrase de Nathaniel Hawthorne, l'un des pères de la littérature américaine.
« L’empreinte sanglante d’un pied nu, la suivre au long d’une rue », si tous les récits débutent par ces quelques mots, chacun des auteurs va insuffler à son intrigue son propre style, sa technique, son suspense. L’imagination ne connaît alors pas de limites et l’on se prend au jeu sans problème et avec un soupir satisfait.
 

L'escroc du siècle de Sulitzer aux editions n 1

Oui, bon, il fallait en parler. Maddof, pur produit du capitalisme sauvage, a fait plus de dégâts aux Etats-Unis que les attentats du 11 septembre. Il était donc évident pour Sulitzer de s’emparer de l’affaire et d’en faire un thriller à l’américaine avec tous les ingrédients pour faire frissonner. Seulement la formule Sulitzer a du mal à fonctionner dans ce livre dont le sujet à lui seul aurait pourtant suffi à assurer le succès. Les amateurs apprécieront peut-être.

 

Les jumelles de highgate de Audrey Niffenegger chez Oh éditions

Dès les premières pages, le récit nous plonge dans un univers un peu étrange aux limites du paranormal, dans une ville de Londres aux multiples mystères. Deux sœurs jumelles, certainement pas comme les autres, reçoivent de leur tante qu’elles ne connaissent pas un drôle d’héritage. Elles vont devoir quitter leur univers douillet et s’installer dans l’appartement de la défunte situé à Londres, une ville qu’elles ne connaissent pas. Entourées de personnages bizarres, elles vont devoir affronter une série de phénomènes surnaturels. Un peu tirée par les cheveux, l’intrigue est gentiment menée et l’on peut se laisser faire par les délires de l’auteure qui a quand même vendu plus de 5 millions d’exemplaires dans le monde.

 

Le miroir de Cassandre de Bernard Werber chez Albin Michel

L’auteur du Le Cycle des Dieux qui avait passionné des centaines de milliers de lecteurs nous revient cette fois avec une fable des temps modernes. Cassandre n’est assurément pas une fille comme les autres. Ses dons de prédilection l’isoleront du reste du monde et elle se retrouvera vite en compagnie de parias comme elle, rejetés par une société de consommation aguerrie et intolérante. Commence alors une lutte pour la survie non seulement pour Cassandre mais pour le reste de l’humanité. Oscillant entre réalisme mordant, ésotérisme fascinant et conte de fées d’aujourd’hui, le livre de Werber est distrayant.

 

Le jour de votre nom d’Olivier Sebban chez Seuil

Dans l’excellent lot de la rentrée littéraire 2009, l’aventure poignante d’Alvaro Diaz qui, fuyant l’Espagne fasciste se retrouve prisonnier dans un camp de concentration en France. Cela se passe durant la deuxième guerre mondiale avec tout son cortège de souffrances et de cruauté mais aussi d’héroïsme qu’on n’a pas fini de raconter. Une odyssée tragique, une trame historique passionnante, une réflexion personnelle pleine d’intelligence pour peu que l’on ait envie de se plonger dans l’univers douloureux de cette période honnie.

 

Manière de Joël Bastard chez Gallimard

La narratrice s’appelle Myriam. Bonne à tout faire dans un hospice de vieillards, elle est ce que l’on appelle un peu simplette. Et Myriam avec ses mots à elle, son intelligence à elle, ses idées bizarres à elle, parle d’une traite, dans un long monologue qu’elle offre au lecteur comme un instant de grâce. Le livre de Joёl Bastard est un petit moment de bonheur qu’on n’a pas envie de voir finir, qui fait du bien, qu’on déguste et qui remue.

 

Conversations après un enterrement de Yasmina Reza chez Albin Michel

Dialogues intimistes, situations polémiques, familles éclatées, les thèmes de prédilection de Yasmina Reza se retrouvent dans ces petits livres conçus comme de petites pièces de théâtre.

 

Deuxièmes séances de Christian Authier chez Stock

L’auteur est un passionné de cinéma. Comme tous les passionnés, il ne s’arrête pas aux films à grand succès mais préfèrent fouiller dans le grand stock des films oubliés, mal compris, rejetés par la critique, ceux que les circonstances, un mauvais timing ou une désaffection justifiée ou pas a plongé dans les oubliettes. Il nous présente donc dans ce livre quelque 35 films « orphelins » que le public n’a pas vus et qu’il s’efforce de faire revivre. Une démarche louable qui a le mérite d’être originale et qui rend hommage à des œuvres qui ont parfois juste eu le malheur de ne pas avoir été comprises.

 

Quinze ans après d’Alexandre Jardin chez Grasset

Que sont devenus Fanfan et Alexandre ? Ce couple mythique imaginé par Jardin et qui avait été incarné à l’écran par Sophie Marceau et Vincent Perez avait nourri les rêves de toute une génération de lecteurs. Quinze ans après, un éditeur et un producteur décident de les réunir à nouveau. Mais le temps a passé et leurs rêves ont évolué. Retrouveront-ils la flamme de leurs vingt-cinq ans ? On ne change pas une formule qui marche et Jardin reprend dans son dernier opus les ingrédients du succès. Mais quinze ans se sont écoulés dans nos vies aussi et la magie qui avait entouré cette histoire d’amour s’est diluée dans nos imaginaires.

 

Mano a mano de Françoise Bourdin chez Belfond

A mi-chemin entre le roman fleur bleue et une étude de mœurs, ce livre a du mal à s’imposer. Ceux qui ont envie d’une lecture facile y trouveront leur compte, ceux qui s’attendent à une brulante histoire d’amour sur fond de corrida resteront sur leur faim.

 

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