|

Comme chaque année, le coup d'envoi est lancé avec pour cette rentrée 659 romans en lice, un nombre inférieur à celui de l'année précédente certes mais des titres et des signatures incontournables. Voici un petit tour d'horizon des titres remarqués de la rentrée :
 |
Zoïle a choisi un vol au départ de Roissy Charles de Gaule pour le faire exploser. Depuis quinze ans, Zoïle propose des solutions énergétiques aux habitants de la ville de Paris et oriente ses clients vers EDF ou GDF. En visite à la Goutte d’or, il rencontre deux filles hors du commun, Aliénor et Astrolabe, qui partagent un appartement sans chauffage. Aliénor est autiste mais écrit des livres de génie, et Astrolabe s’occupe d’elle comme de sa propre fille. Zoïle tombe éperdument amoureux de celle qui sacrifie sa vie à une auteure « neuneu », mais ne reçoit rien en retour. Le voyage d'hiver d’Amélie Nothomb est l’histoire d’un amour impossible mais ce récit décevant manque d’épaisseur et ne répond pas aux attentes d’une tragédie des temps modernes. |
 |
Des hommes de Laurent Mauvignier aux éditions de Minuit
« Ce qui me gêne, c’est qu’il est devenu ce que j’aurais dû devenir aussi si j’avais été capable de ne pas accepter des choses ». Il c’est Bernard, que l’on surnomme aujourd’hui Feu-de-bois et qui est peut-être le seul à n’avoir pas su, ou voulu enfouir les souvenirs atroces de la guerre d’Algérie, d’une période pas très glorieuse de l’histoire française, et continuer à vivre comme si de rien n’était. Pourtant, il aura fallu d’un rien, petite boite bleue glissée au fond d’une poche pour que, quarante ans après, le passé honteux et les blessures de la guerre fassent irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir les nier. L’écriture magistrale, juste et puissante de Laurent Mauvignier sonne comme une balle qui transperce l’air. Les souvenirs étranglés, trop longtemps coincés dans la gorge de ces anciens appelés au moment des évènements de 1960 font resurgir une douloureuse vérité : l’impossibilité de ressortir indemne des monstruosités de la guerre. Une vraie claque.
|
 |
Les veilleurs de Vincent Message chez Seuil
Un beau matin, Oscar Nexus sort de chez lui, abat froidement trois personnes dans la rue et s’endort sur les cadavres. Commence alors un procès où il s’enfermera dans un mutisme total. Ce cas un peu spécial, amnésique et passant ses journées à dormir interpelle Joachim Traumfreund, un médecin atypique ayant participé dans sa jeunesse aux mouvements de réformes de la psychiatrie, et Paulus Rilviero, officier de police sur le retour. Afin de le sortir de son mutisme, Traumfreund s’enferme avec Rilviero et Nexus dans la maison mouvante d’un architecte fou. Lorsque Nexus passe aux aveux, les deux enquêteurs découvrent que le meurtrier a une vie parallèle dans un univers parallèle. Les Veilleurs, qui a reçu Prix Laurent Bonelli et Virgin Mégastore, nous entraine dans une exploration passionnante des territoires de la folie et du sommeil. Un premier livre à dévorer les nuits blanches. |
 |
New York Fantasy d'Olivier Jacquemond chez Mercure de France
Eric, jeune français installé à New York, a quitté « Pigalle, avec ses putes et ses néons, ses sex-shops et ses camés, pour un entrepôt en plein cœur du Lower East Side », à la recherche d’un rêve américain fantasmé ou pour fuir l’image du père inexistant, question qu’il arrivera peut être à résoudre grâce à Mick Bowery, écrivain et ex-critique de rock. Olivier Jacquemond signe un premier roman urbain dans le New York d’après le 11 septembre, avec toutes les images vues et revues de la grande pomme, le drogué qui meurt d’une overdose, le squatter, la prostituée, l’écrivain alcoolique sur fond de Leonard Cohen, Bob Dylan et sur les traces de Jack Kerouac et de David Lynch. |
 |
En 1944, Claire a vingt-sept ans, elle est ambulancière à la Croix-Rouge française depuis un an et demi. La fin de la guerre proche, elle redoute de rentrer à Paris, retrouver son fiancé Patrice et mener une vie bourgeoise sous l’identité de Claire fille de François Mauriac. Pour fuir son destin de future femme mariée, elle part à Berlin à la fin de la guerre pour offrir son aide une nouvelle fois à la Croix-Rouge française pour trier des réfugiés, rapatrier les prisonniers, retrouver les disparus, les sauver et les rendre à leur famille. C’est à Berlin que Claire rencontre Wia, l’amour qu’elle cherchait, c’est dans cette ville aussi qu’elle, Wia, Mistou, Rolanne, Plumette et Léon de Rosen passent les plus belles années de leur vie. |
 |
En 1959, Michel Marini n’est qu’un jeune adolescent qui s’entoure de révolutionnaires rêveurs, de fervents adeptes du rock’n roll, et d’intellectuels célèbres et moins célèbres. Il prend l’habitude de rater les cours pour jouer au baby foot dans un bar qui n’est autre que le quartier général d’Igor, Imre, Leonid, Sacha, une clique de réfugiés de l’Est qui ont fui leur pays, la tyrannie du régime en laissant derrière eux femme et enfants. Parmi eux, il rencontre des figures emblématiques de la littérature française, Jean-Paul Sartre et Joseph Kessel. Ils se retrouvent tous pour une partie d’échecs. Cette rencontre bouleverse la vie de Michel. Un premier roman réussi qui reconstitue avec authenticité une époque peuplée de rêves et d’illusions, un véritable portrait de génération. |
 |
En 1942, Jan Karski joue un rôle crucial dans la Résistance. Il témoigne de l'horreur du ghetto de Varsovie, des centaines de cadavres jetés dans les rues, des enfants au regard fou, des mères qui n'ont pas de sein pour allaiter, de la misère et de l'infamie. Il se porte messager de la Résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres, sa mission est de prévenir les Alliés que les Juifs d'Europe se font exterminer.
Trente-cinq ans plus tard, Jan Karski raconte dans le film de Claude Lanzmann ce qu'il a vu et pourquoi les Alliés ont laissé faire l'extermination des Juifs. |
|