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En ce mois de juin, un livre attire tout particulièrement l’attention. Celui des mémoires et souvenirs de Camille Aboussouan, De la montagne du Liban à la Bastide Royale de Fleurance.
Quatre cent cinquante pages et 600 illustrations, photographies, lithographies, reproductions de lettres ou de fac-similés, dont de nombreux inédits, peuplent cette fresque familiale au format rappelant celui de son très beau livre sur l’architecture libanaise. L’on y découvre la figure éminente de son père, Nagib bey Aboussouan, magistrat devenu, après l’effondrement de l’Empire ottoman en octobre 1918, premier président de la Cour de cassation, moutassarif (gouverneur) de la province de Beyrouth, président du Conseil supérieur de la magistrature, ministre de la Justice et de l’Instruction publique, consultant dans les domaines juridictionnels. Puis le portrait de sa mère, Laure, issue d’une vieille famille de Gascogne, les Colomès, qui vivait dans la Bastide Royale de Fleurance depuis trente générations, c’est-à-dire depuis la fondation de la ville, au XIIIe siècle, par Philippe III le Hardi. Cette bastide est pour Camille Aboussouan un lieu chargé d’une histoire de France étroitement mêlée à celle de sa famille du côté maternel. Cette double appartenance française et libanaise est ainsi devenue le leitmotiv, le principe d’action et de réflexion de celui qui sera un acteur principal de l’âge d’or culturel du Liban après l’indépendance.
Ce livre, qui retrace l’itinéraire foisonnant de son auteur, apparaît dès lors comme un témoignage de reconnaissance et d’amour pour le Liban et pour la France. Du Mont-Liban à la Bastide de Fleurance, Aboussouan mêle avec aisance et naturel les figures historiques des rois de France et de leurs ambassadeurs en Orient et à Constantinople à celles des présidents, des journalistes et des intellectuels libanais dont les noms sont associés à un certain «siècle des Lumières» oriental.
Égrenant ses mémoires et souvenirs, il fait défiler, à travers l’histoire de sa famille, toute l’histoire du Liban et des dates-charnières de sa création, à laquelle la France est étroitement associée. Cette histoire se déroule à la lumière de deux constantes, comme il le précise lui-même dans son prologue: Liban, terre des hommes libres, et Liban, terre amie de la France depuis Charlemagne. |