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Hayrig… Papa en arménien. Un livre poignant, émouvant et nécessaire. Trois questions à Carlo Akatchérian Pourquoi ce livre maintenant ?
Il s’agit d’un devoir de mémoire pour les générations actuelles et futures parce que l’oubli peut pardonner aux crimes et à l’injustice et pardonner à l’injustice est une plus grande injustice. Pourquoi maintenant ? Parce qu’il y a toujours eu des livres relatant le drame des Arméniens qui ont été victimes du premier génocide du siècle passé, ils sont en dehors du temps. Pour ma part, par souci de discrétion, j’ai attendu la disparition de mon père pour faire ressortir son passé. Les bénéfices de votre livre iront à la fondation Babikian, présentez-nous rapidement les activités de cette fondation.
Mon père a tellement trimé pour payer ses études qu’il m’a semblé normal que ce livre qui relate sa vie puisse contribuer à aider ne serait-ce qu’un seul étudiant. A partir de là, le choix de la fondation Babikian s’imposait, d’abord à cause de la personnalité de monsieur Babikian qui représente pour moi l’idéal auquel doit tendre tout Arménien partout dans le monde : tellement intégré dans son pays d’accueil qu’il a occupé plusieurs ministères importants et il n’a cessé de se battre pour que la cause arménienne trouve justice. D’autre part, la discrétion avec laquelle agit cette fondation est une garantie d’efficacité. A savoir que la fondation Babikian, en partenariat avec le service social de l’Université Saint Joseph, accorde des bourses universitaires à des étudiants arméniens. Les Arméniens n’évoquent que très rarement la tragédie qui les a touchés, comment expliquez-vous cela ?
Les Arméniens parlent toujours du génocide, même s’ils ne veulent pas rappeler en détail les atrocités subies, par respect pour leurs martyrs. D’ailleurs le souvenir de ces derniers est annuellement évoqué le 24 avril qui est un jour de deuil pour les Arméniens. Cependant nous n’exploitons pas cela et nous n’en faisons pas le commerce, là aussi par respect de nos morts ; quand nous parlons de génocide, il y a toujours un sentiment de dignité et de révolte, sans esprit de vengeance, ni amertume, parce que si l’amertume est un suicide, la révolte nous stimule. En un mot, comme l’écrit L. Pauwels : « Les malheurs qui ne tuent pas nous grandissent ». |
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