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Paris, 1760. Toute la brutalité d’une ville crue, sa puanteur, sa misère nous sont desservies dès les premières pages de ce roman incroyable. On s’élance pourtant avec avidité sur les traces de Gaspard qui, ayant quitté la médiocrité d’une vie de paysan à Quimper, se retrouve dans une capitale où, dans la saleté et le froid, se nourrir devient un combat quotidien. Mais le courage inouï de ce garçon le pousse à lutter et, bientôt, la bonne fortune croise son chemin. Mais c’était sans compter l’ironie du destin qui met sur sa route Etienne de V, un des pires libertins que le siècle ait portés. La suite sera à la hauteur de l’ambition du jeune homme qui, de proie devient prédateur, et du cynisme de celui qui deviendra son pygmalion. Ce roman, bien que cruel, se dévore avec délectation. Cela faisait longtemps que l’on ne s’était pas retrouvé face à une écriture aussi déliée, aussi belle, clairement inspirée des auteurs du 19ème siècle. Les descriptions sont d’une richesse telle qu’elles transportent le lecteur dans un Paris odorant et bruyant jusqu’au vertige. La sensualité et la sensitivité de l’écriture de Del Amo imprègnent tout ce récit qui se lit de bout en bout avec des frissons de bonheur. Attention, grande oeuvre. Et les sourcils se froncent d’incrédulité quand on apprend que ce livre magistral est l’œuvre d’un auteur de 26 ans et que de surcroît c’est son premier roman ! |