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Parti prix
La saison des prix s’est achevée en récompensant des auteurs venus d’ailleurs. Le Goncourt à l’Afghan Atiq Rahimi pour Syngué sabour (Pierre de patience) et le Renaudot au Guinéen Tonio Monénembo pour Le roi de Kahel ; les jurys auraient choisi cette année de couronner les petites maisons d’édition comme Mercure de France pour l’Interallié et pour le Femina essai, P.O.L pour le Goncourt. Mais quelle ne fut notre déception lorsqu’à l’annonce des prix l’on s’est aperçu qu’Olivier Rolin et l’auteur d' Une éducation libertine Jean-Baptiste Del Amo avaient été écartés de la course pour des œuvres pourtant remarquables.
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Dans la mythologie perse, il s’agit d’une pierre que l’on pose devant soi pour déverser ses douleurs et ses secrets. La pierre écoute, absorbe et, un jour, elle éclate, délivrant celui (ou celle) qui parle de ses souffrances. Dans ce roman bref et tranchant une femme veille son mari blessé dans une chambre menacée par les troubles qui secouent l’Afghanistan. Au plus vif de la guerre, dans le silence et dans la peur, la femme qui n’est jamais nommée passe aux aveux avant la « fin ». Rassurée et encouragée par l’état comateux de son mari, elle se lance dans un discours impudique où elle confie à celui-ci ses pensées les plus honteuses, les plus coupables, les plus avilissantes ; ses blessures d’enfant, de vierge et de femme. Ces confessions sont données dans une intimité tragique, poétique, et sensuelle, dans une proximité qui justifie bien la phrase d’Artaud, mise en exergue « Du corps par le corps avec le corps depuis le corps et jusqu’au corps ». Un récit qui donne surtout à voir un Islam vécu par une femme. Une femme X, une femme ordinaire, comme toutes les femmes, fragile, aimante, haineuse, érotique et tendre. |
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Le guinéen Tierno Monenembo se met dans la peau d’un blanc, le colonisateur Aimé Victor Olivier et propose une biographie romancée de cet homme. Mais qui est-il donc ? Connu sous le nom de vicomte de Sanderval, il fonda, au début des années 1880, le projet de conquérir à titre privé le Fouta Djalon, actuelle Guinée, et d'y faire passer une ligne de chemin de fer. Au cours de cinq voyages successifs, il parviendra à gagner la confiance de l'almâmi, le chef suprême de ce royaume théocratique. Prix Renaudot 2008, Le roi de Kahel est un récit merveilleusement bien écrit. Il éclaire sur une période peu connue du grand public mais ô combien intéressante. |
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Jean- Marie Blas de Roblès a travaillé de longues années sur ce long texte que les grands éditeurs ont d’abord commencé par refuser de publier ! Pourtant, il propose dans cet ouvrage un véritable document sur une figure historique elle aussi peu connue du grand public, et pourtant captivante : il s’agit du jésuite Athanase Kircher. Le héros du roman se prénomme Eléazard von Wogau. Il est correspondant de presse dans le Nordeste brésilien. Il reçoit un manuscrit retraçant la biographie d'Athanase Kircher, un jésuite de l'époque baroque. Entre enquête et souvenir, il croise Elaine, sa future ex-femme, archéologue, Moéma, sa fille, étudiante à la dérive, ou encore Nelson, jeune garçon infirme des favelas de Pirambu. Prix Médicis 2008 et Prix du roman Fnac 2008, Là où les tigres sont chez eux était aussi nominé et finaliste pour les autres prix littéraires dont le Goncourt. |
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Quelles sont les qualités littéraires qui font qu’un livre se distingue parmi d’autres, attire les lecteurs, fait parler de lui, accumule les prix ? La liste des critères serait longue mais dans le cas de ce témoignage magnifique, ce qui saute aux yeux à chaque mot, à chaque ligne, c’est rien de moins que la sincérité profonde de l’auteur. Une sincérité touchante, poignante, pour un père meurtri qui assiste à la déchéance physique et morale de ses deux fils handicapés. Ce qui émeut également dans le livre de Fournier c’est cette absence d’atermoiement, cette façon élégante de ne pas se lamenter sur son sort, de ne pas sombrer dans le sordide, le mélo bon marché. Un prix Femina amplement mérité, qui n’admet aucune controverse, bien loin des témoignages « choc » et clinquants destinés à faire pleurer les loges des concierges. Une extraordinaire leçon de vie, une superbe leçon d’écriture. |
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Destins croisés entre un photographe people de 29 ans arriviste et débrouillard, un ministre des Finances mitterrandien, une princesse tuée dans un accident, un monsieur Joyeux trafiquant d'armes et pédophile, et celui-qu’on-appelait-Dominique. Dès les premières pages on reconnaît sans peine la princesse Diane et plus tard l’ex premier ministre français qui a attenté à ses jours.
Complots politiques, pouvoir, sexe et renseignement secret au coeur d'un thriller remarquablement bien ficelé dans lequel Serge Bramly nous entraîne à l'Elysée, dans les Balkans, en mer de Chine, à Téhéran et en Afrique. |
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