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Accents sur les autres prix.
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Le prix de Flore a été décerné à Tristan Garcia pour La meilleure part des hommes. Paris dans les années 80 est le berceau d’une nouvelle génération excentrique, délurée, homosexuelle et libérée qui faisait que « baiser, danser » et parler politique, la « bonne part de l’époque » comme Tristan Garcia la désigne, celle qui raillait les hétéros, les gauchistes, les intellos et les femmes. Jusqu’au Sida. A cette époque, Dominique Rossi, ancien militant de gauche fonde Stand, une association pour la lutte et l’épanouissement des homosexuels, et entretient une liaison fougueuse avec Willie un jeune homme déjanté, écrivain à scandales. Leur histoire nous parvient par leur amie Liz, journaliste à Libé et narratrice de ce roman sensible et poignant. Tristan Garcia nous livre là un premier roman d’une grande portée humaine qui s’empare d’une époque guettée par la maladie.
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Le Goncourt des lycéens vient d’être attribué à Catherine Cusset pour son ouvrage Un brillant avenir dans la collection blanche de Gallimard. Elena jeune Roumaine de Bessarabie tombe éperdument amoureuse de Jacob, un juif qu’elle épouse malgré le désaccord de ses parents. Pour se libérer enfin de ce pays qui l’étouffe, elle quittera la Roumanie communiste pour les Etats Unis où elle espère offrir le meilleur à sa famille et un brillant avenir à son fils. Mais lorsque ce dernier fait la connaissance de Marie, une intellectuelle française, qui deviendra sa femme et qui veut retourner en France, Elena se sentira menacée par cette belle-fille rebelle et arrogante. Dans ce portrait de deux femmes que tout oppose Catherine Cusset fait rejaillir toute une époque, celle de la dictature de Ceausescu, du conflit israélo-palestinien et de l’Amérique des jeunes intellectuels émigrés. |
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Ramy Zein est libanais et ce n’est pourtant pas la guerre de son pays qu’il raconte dans Les ruines du ciel mais celle de l’Irak. Son héros, un jeune marine américain, Neil Knight, s’engage dans l’armée comme un homme qui veut rendre justice à sa patrie. Marqué par les événements du 11 septembre, Neil voit dans l’offensive américaine un combat pour la liberté et la démocratie. De belles idées confrontées à la dure réalité du terrain. Mais là n’est pas l’essentiel du roman de Ramy Zein qui dépeint cette guerre comme une expérience humaine, individuelle et intime. Son personnage Neil est constamment poursuivi par le souvenir de Jenn, la femme qu’il aime, et repasse sans cesse ces images de bonheur dans l’attente de la guerre. Sa mère Carol Knight n’échappe pas non plus au viseur du narrateur, elle attend agitée et anxieuse de recevoir des nouvelles de son fils et noie pendant ces longues heures de souffrance son angoisse dans l’alcool. Des pages qui racontent la cruauté, la tourmente et la blessure de tout individu qui attend, se bat, et rêve en temps de guerre. |
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Le Prix Décembre et le Prix Cadmous : Zone de Mathias Enard
Longue phrase, Zone de Mathias Enard est un chant contemporain qui fait écho à l'antique Homère. Un train traverse l'Italie. Il emporte un homme qui se remémore son odyssée dans sa zone, après avoir vécu sa guerre de Troie à lui, dans les Balkans. Sa zone c'est la Méditerranée en proie à toute les compromissions, les menaces terroristes, les dictatures sanguinaires, territoire dans lequel il fut un agent des services de renseignement français. Dans un demi-sommeil, le narrateur nous fait partager ses réminiscences. Entre enjeux géopolitiques et rencontres intenses, nous partageons son témoignage de ces années terribles durant lesquels le monde arabe a basculé dans l'horreur du fanatisme, de la guerre, des répressions, de l'intifada. |
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Le Renaudot des lycéens a été attribué à Olivier Poivre d’Arvor pour Le voyage du fils. A partir d’un fait divers triste et malencontreux comme il y en a tous les jours, Olivier Poivre d’Arvor a écrit un livre bouleversant. On lit d’une traite, et avec beaucoup de tendresse, l’histoire qui pourrait être vraie de Fan Wen Dong, jeune Chinois venu à Paris chercher les cendres de sa mère victime des contradictions exacerbées d’un monde qui ne sait plus comment accueillir ces milliers de démunis venus chercher de l’or dans un occident prospère. Au-delà du voyage initiatique de Fan Wen Dong, de vraies interrogations en filigrane sur la bonne santé de nos sociétés, les dessous scabreux d’une politique contradictoire, mais avec toute la finesse et l’émotion d’un auteur tout en pudeur. |
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Neuropsychiatre réputé, Boris Cyrulnik est surtout connu pour son travail sur la résilience, cette force extraordinaire qui naît chez les grands blessés de la vie, les poussant à tirer de leurs faiblesses de grandes forces. Dans ce livre qui cartonne, Cyrulnik est allé à la rencontre de ces "épouvantails" dont il raconte la lutte pour la survie. |
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Le Prix Femina étranger a été attribué à l'Italien Sandro Veronesi pour Chaos calme.
Comme son titre, ce livre est totalement hors normes. Alors que le narrateur sauve une femme de la noyade, sa femme meurt à quelques kilomètres de là. Ironie du sort, cynisme du destin. Il lui reste une fille. Ce drame va le conduire à abandonner totalement sa vie d’avant. Seul dans sa voiture sous les fenêtres de l’école de sa fille, jour après jour, il va assister peu à peu à la désintégration de son monde et aux délires plus ou moins chaotiques de ses amis, collègues et membres de sa famille mais curieusement connaître une vraie forme de sérénité. Avec ce livre qui met dangereusement et d’une façon assez cynique en doute tous les acquis de la vie sociale, Sandro Veronesi provoque, bouscule et émeut. Il suffit d’un drame souvent pour faire voler en éclat tout le vernis social dont on aime à se parer et que l’on croit résistant à tout. Seulement voilà, ce vernis n’est en vérité qu’un leurre. On le sait au plus profond de nous-mêmes mais souvent on ne peut pas l’accepter ou se l’avouer. Veronesi met le doigt sur la plaie, remue bien le couteau et nous montre avec un humour grinçant et décalé combien est grand le gouffre des apparences dans lequel on s’enfonce petit à petit jusqu’à ne plus pouvoir entrevoir les lueurs de la réalité… de notre réalité, notre conception du bonheur et notre vérité qui souvent n’ont rien à voir avec la façon dont on a construit notre vie. Mais les hommes et les femmes de ce début du 21ème siècle n’en sont pas à une contradiction près et ce livre montre bien que les prochaines années seront celles de toutes les interrogations. On a déjà commencé. |
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