Contre :
Pour réussir une mayonnaise, il faut des ingrédients frais et un bon doigté. Que faut-il pour réussir un livre ? Une bonne dose d’amour, du suspense, un soupçon d’ésotérisme, des larmes en filigrane, quelques citations philosopho-bouddhisto-newearth à la Paulo Coelho et le tour est joué. Votre livre est propulsé en tête de gondole, vous êtes numéro un des ventes, le roi du best-seller. Guillaume Musso a suivi ces règles à la lettre. Et son livre Je reviens te chercher est numéro un des ventes. Bien joué, Monsieur Musso. A 35 ans vous savez fabriquer un succès.
Et la quatrième de couverture annonce bien la couleur : « Ethan, Céline, Jessie. Un homme, une femme, une enfant. Trois personnes au bord du gouffre. Qui vont se croiser, se détruire et s’aimer. » Et enfin la phrase qui fait basculer le livre de simple roman à roman à succès : « Mais l’amour peut-il vaincre la mort ? » Il faudra lire ce livre pour le savoir.
Avec en rouge et en grand les accroches qui tuent : Un mystère intense, un amour en danger, un dénouement stupéfiant.
En apparence, tous les ingrédients sont là. Encore un tirage à 200 000 exemplaires. Encore un éditeur heureux. Oui, mais, il arrive hélas que la mayonnaise ne prenne pas. Pire qu’elle laisse un arrière-goût désagréable dans la bouche. Les raisons ? Guillaume Musso en a trop fait. Trop c’est trop. Quand on balance des phrases comme :
« - J’ai mal, se plaignit Ethan en désignant son ventre.
Shino botta en touche :
-
Toute notre vie est souffrance. Naître, c’est souffrir. Vieillir, c’est souffrir. Perdre l’amour, c’est souffrir. Mourir, c’est souffrir… »
Ou que l’on prenne soin de mettre du Paulo Coelho pour faire populo, du Kundera pour faire intello, du Gainsbourg pour faire branché, des clichés gros comme une citrouille, et des « trucs » qui marchent comme revivre trois fois la même journée, vivre une near death experience et un happy-bad ending, on finit par louper le coche. Désastreux.
Tania Hadjithomas Mehanna
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Contre :
Musso….
Qui revient-il chercher ?
Dans son dernier ouvrage Je reviens te chercher, Musso demeure fidèle à sa thématique préférée, celle des troubles psychologiques humains, mais aussi à son style facile et fluide. Au sein de cette unité de fond et de forme, on retrouve aussi une constance dans le déroulement de l’action. Comme dans ses précédents romans, l’écrivain français le plus populaire après Marc Lévy met en scène, une fois de plus, un personnage américain, Ethan, et l’histoire se déroule dans la city new-yorkaise….
Sans conteste, Musso a l’art d’écrire des scénarios…. Ce n’est donc pas un hasard que son roman, Et après…, soit prochainement adapté au cinéma avec, pour acteurs principaux les talentueux Romain Duris et John Malkovitch. Seulement, voilà ; dans Je reviens te chercher, lequel détrône déjà la célébrissime Gavalda dans les ventes, le lecteur se lasse quelque peu de ce style et de cette thématique, répétitifs, ce leitmotiv, ces variations sur une même obsession : celle de construire une œuvre remplie de rebondissements artificiels…
Ethan, thérapeute new-yorkais, héros de l’ouvrage a du mal à attacher son lecteur… Présenté au début de l’ouvrage, il disparaît soudainement pour mieux réapparaître….
On le retrouve au milieu du roman comme venu de nulle part. La vie lui sourit jusqu’au jour où une patiente se suicide dans son cabinet. Curieusement, Ethan est à son tour assassiné. Musso, comme il a coutume de le faire dans ses romans, fait renaître son personnage. Celui-ci a 24 heures pour découvrir qui l’a assassiné et pourquoi. Il désire aussi retrouver la femme qu’il aime, comme pour se racheter une conduite….
Au milieu de tout cet imbroglio, on perd quelque peu son latin mais on comprend insidieusement le message que l’auteur cherche à transmettre : la vie offre toujours une seconde chance…. Toutefois et hélas, ne parvient-il pas à échapper aux clichés et ce, dans sa manière d’agencer les situations ; cette façon trop basique, trop triviale de planter des décors, de façonner le réel, de jouer avec les commandes de la vie, de prendre à la légère la course du temps et de démonter les destins, n’est pas sans provoquer un agacement certain chez le lecteur.
On aime ou on déteste….
Malaké Lahoud |