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2008, l’année Gibran
« N’est-il pas étrange de nous voir défendre plus farouchement nos erreurs que nos valeurs ? »
2008 marque le 125 ème anniversaire de la naissance de Gibran et a été déclarée l’année du « prophète ».
Mais Gibran a toujours été d’actualité. Parce que son œuvre est universelle et que ses paroles ont toujours su défier le temps. Celui dont l’œuvre fut traduite dans plusieurs langues,
celui dont « Le Prophète » restera à jamais l’œuvre la plus humaniste, celui que les critiques littéraires comparent à William Blake a été et continue d’être loué par la presse, les écrits et les ouvrages littéraires.
Connu surtout pour son célébrissime « prophète » édité par une cinquantaine de maisons d’éditions, Gibran était donc à la fois poète, philosophe, peintre et sculpteur ; un humaniste dans tous les sens du terme traduit dans plus de quarante langues.
Cette année, il est plus que jamais d’actualité. 2008 sera en effet l’occasion de commémorer le 125 ième anniversaire de sa naissance. Une série de manifestations seront organisées en conséquence.
Au programme de cet événement dont le slogan est la célèbre phrase de Gibran : « Si le Liban n’était pas ma patrie, j’aurais pris le Liban pour patrie. » :
- La publication d’un ouvrage regroupant des manuscrits et dessins inédits ainsi qu’un répertoire des jardins, salles et autres endroits dans le monde portant le nom de Gibran.
- Une semaine consacrée à Gibran, célébrée et organisée dans les écoles en avril.
- Un concours littéraire lancé dans les classes secondaires de toutes les écoles et dont les résultats seront proclamés lors d’une cérémonie dans le Palais de l’Unesco.
- L’émission de quatre timbres-postes et d’une médaille en or à l’effigie de Gibran.
- Le lancement d’une campagne touristique célébrant le Liban comme « pays de Gibran ».
- Des lectures et soirées poétiques (au palais de l’Unesco, à Berlin et à Londres dans le cadre du Salon du livre qui accueille cette année le monde arabe).
- Une symphonie composée et dirigée par Walid Gholmiyé en hommage au grand écrivain.
- Un long-métrage et une série télévisée de quatre épisodes réalisés par Samir Habchi sur un scénario d’Alexandre Najjar et avec Milad Tok comme directeur de la photographie.
- Des projections de films et une exposition au musée Gibran à Bécharré.
- Une exposition à Paris et une autre au Mexique.
- Un concours de dessin Fabriano.
- Une célébration à Sao Paolo.
Sans oublier les colloques et autres conférences au sein des universités.
Écrit en anglais, le Prophète est une œuvre poétique faite d'aphorismes et de paraboles. Ces paroles sont citées par un sage vivant en exil et prêt à rentrer au pays (Gibran vivait à l’époque aux Etats-Unis). Aux grandes questions de la vie, celui-ci livre au peuple qui l'a accueilli pendant douze ans des réponses simples et pénétrantes. Des thèmes universels sont abordés, mais le fil conducteur reste l'amour. Ainsi est-il dit sur le mariage : « Emplissez chacun la coupe de l'autre, mais ne buvez pas à la même coupe. »
C'est ainsi que Le Prophète est parfois lu à l'occasion de mariages, essentiellement aux Etats-Unis et en France où les prêtres le citent volontiers lors de leurs prêches. À côté des grandes questions de la vie pratique, comme le mariage ou les enfants, le lecteur découvre la connaissance de soi et la religion, conçue ici comme universelle. Ainsi, ce qui fait le succès du Prophète est son universalisme. Devenu le livre de chevet de tout un chacun, emportant l'adhésion par de grandes valeurs comme la liberté, l'amour, le respect de l'autre. En cela, le Prophète est un ouvrage qui s’inscrit hors du temps. C’est là que réside toute sa force.
Pour découvrir ou redécouvrir ce génie venu du Nord (né à Becharré en 1883) et dont l’œuvre « Esprits rebelles » fut brûlée sur la place publique du village par le pouvoir ottoman, nous avons à notre portée un grand choix d’ouvrages:
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Dictionnaire de l’œuvre de Khalil Gibran, de Jean-Pierre Dahdah
Magnifique anthologie qui puise dans l’ensemble de l’œuvre de Gibran écrite aussi bien en arabe qu’en anglais de son vivant mais aussi à titre posthume. L’auteur a choisi 400 mots clés représentant des thèmes de la vie (essentiellement philosophique). Ces thèmes sont illustrés par une ou plusieurs pensées et réflexions prononcées ou écrites par Gibran. Une idée originale. Un ouvrage qui peut être lu et relu en toutes circonstances. |
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Œuvres complètes de Gibran collection Bouquins chez Robert Laffont
Quel bonheur que d’avoir à portée de main toute l’œuvre de Gibran. On retrouve donc réunis le Prophète bien sur, Warda Al hani, Le cri des tombes, Les ailes brisées, Sous le soleil, Les nations et leurs identités, Les fées envoûtantes etc.
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Le prophète, illustré par Gibran Khalil Gibran
Joliment illustré par les peintures en noir et blanc de Gibran lui-même, ce livre reprend le texte du prophète, le texte qui ouvre à la compréhension du monde et des hommes. |
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Khalil Gibran, biographie par Alexandre Najjar ed Pygmalion
Alexandre Najjar retrace ici la biographie de ce génie, né à Beyrouth et émigrant très tôt pour les Etats-Unis. Son itinéraire complet est passé en revue y compris sa liaison avec Mary Haskelle, sans oublier le passage en revue de ces textes empreints à la fois de révolte et de sagesse. Une destinée hors du commun. Une très belle histoire de vie maintenant disponible en Poche. |
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Les 7 cités de l’amour, texte Gibran, calligraphie Lassad Metoui
Superbement illustré par ces calligraphies célèbres de par le monde, ce livre nous propose un recueil de textes connus de Gibran : chants d’amour pour l’humanité, chant d’amitié entre les peuples, chants de révolte contre l’intolérance et l’injustice. Ces calligraphies se présentent en différentes séries, chacune dominée par une couleur correspondant aux 7 cités : cité de l’encre, de l’amour, de la danse, du bien-aimé, de l’union, de l’âme et de la lumière. |
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Gibran dans son musée par Wahib Kayrouz
Ouvrage édité par le Comité du musée Gibran qui se trouve à Becharré. Wahib Kayrouz, conservateur du musée, retrace l’itinéraire de l’auteur du Prophète tout en procédant à une analyse de ses toiles et sculptures.
Un livre qui donne envie de visiter le musée devant l’entrée duquel se dresse une gigantesque statue de bronze représentant le buste de Gibran, sculpté par l’artiste Rudy Rahmé. |
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Deux ouvrages à paraitre :
Le prophète : l’art de la paix illustré en noir et blanc
Al Mustafa est sur le point de quitter la cité d’Orphalèse. Tour à tour, des habitants l’interrogent sur les choses de la vie.
Gibran Khalil Gibran et la refondation littéraire arabe par Hallaq Boutros
Essai mettant en lumière les grandes tendances de l’écriture « gibranienne » : le roman de formation et l’écriture prophétique.
A découvrir ou à relire
Khalil Gibran (1883-1931) : "Mon peuple est mort" (1916)
« Les miens se meurent, et moi, vivant encore, dans ma solitude, je les pleure.
Mon peuple est mort et je suis ici, dans ce pays lointain, errant au sein d'un peuple joyeux qui dort sur des lits moelleux.
Mon peuple est mort d'une mort douloureuse et je suis ici qui vis dans l'abondance et en paix.
Je ne vis pas avec mon peuple persécuté qui marche dans le cortège de la mort vers le martyre. Je suis ici, de l'autre côté de l'océan qui vis dans l'ombre de la quiétude et dans la lumière de la paix. Je suis si loin de l'arène misérable et de l'affliction que je ne puis même pas être fier de mes larmes.
La mort de mon peuple est une accusation silencieuse; c'est un crime fomenté par les têtes des serpents invisibles c'est une tragédie sans texte.
Mon peuple est mort tandis que ses mains se tendaient vers l'Orient et l'Occident, tandis que ses orbites vides regardaient fixement la noirceur du firmament.
Il est mort en silence car l'humanité est restée sourde à ses appels.
Il est mort parce qu'il n'a pas sympathisé avec ses ennemis.
Il est mort parce qu'il plaçait sa confiance dans l'humanité toute entière, parce qu'il était les fleurs piétinées et non le pied qui écrase.
Il est mort parce qu'il était un bâtisseur de paix, parce que les monstres de l'enfer se sont levés ont tout détruit, parce que les vipères et les enfants des vipères ont craché du poison dans l'espace où les Saints Cèdres, les roses et les jasmins exhalent leur parfum. »
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