Pour :
Dans ce long périple initiatique et ardu que l’on appelle une vie, les occasions de baisser et la garde et les bras sont légion. Ah, cette irrésistible envie de fermer les yeux un instant et de laisser aller ses forces et ses pensées !... Mais la vigilance s’impose et les sens doivent rester en alerte. Pourtant, en chacun de nous, un cancre sommeille. Et que celui qui ne s’est pas laissé aller au doux plaisir d’une petite sieste sur les bancs d’école, bercé par la voix monocorde du professeur, jette la première pierre à Daniel Pennac. Mais ce formidable écrivain au verbe tendre et à la plume exquise n’arrivait certes pas à suivre les cours mais a pourtant retenu une leçon primordiale. L’amour peut soulever les montagnes d’incompréhension auquel se heurte le mauvais élève en butte aux moqueries, au mépris mais surtout à ses propres démons intérieurs. Amour des autres, du professeur ou de la matière. C’est la littérature qui a sauvé Daniel Pennac de la longue blessure non cicatrisée infligée par un système éducatif parfois impitoyable et c’est un formidable message d’espoir qui résonne dans ce livre écrit sur un style drôle et léger, dépourvu d’artifices et qui a le mérite de n’avoir d’autre prétention que de jeter un regard autre sur cette maladie honteuse qui colle longtemps à la peau de ce « dernier de la classe ».
Tania Hadjithomas Mehanna
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Contre :
Décidément, le lauréat du Renaudot 2007 aime bien disserter sur le système scolaire ou éducatif. Dans Comme un roman, on assistait à une gentille plaidoirie pour la lecture. Un ouvrage qui donnerait envie de lire à la personne la plus réticente à la lecture. Dans Chagrin d’école ou variation sur un même thème, l’auteur revient sur ses souvenirs scolaires de cancre. Réminiscences par bribes ou fragments. Métonymies entrecoupées de réflexions dont consistances et tenues laissent à désirer) sur le système pédagogique. Intéressant, cet essai qui n’en est pas tout à fait un puisqu’il est alimenté par une semi- fiction : les souvenirs de l’auteur qui s’exprime à la première personne, ne relèvent pas toujours de la réalité. Chagrin d’école ; un chagrin qui dérange, attriste même par son genre un peu mi-figue mi-raisin… On relève cependant l’humour de l’auteur et on imagine parfaitement, plusieurs années en arrière, le parfait cancre qu’il était. A telle enseigne que Pennac parvient si bien à définir cette « cancre attitude » en réalité universelle, atemporelle. Mais, hélas, l’auteur ne prend-il pas un peu trop à la légère un sujet qui constitue pourtant une véritable tourmente psychologique pour de nombreux élèves et parents d’élèves ? Sans oublier (et c’est là où le bât blesse vraiment), le manichéisme primaire avec lequel l’auteur décrit les situations : les pauvres mauvais élèves incompris et les méchants professeurs…En réalité, les faits ne sont pas si simples. Reprenons cette phrase de l’auteur qui résume si bien les choses bien qu’il l’ait citée dans un autre contexte :
« Tout cela est vrai mais l’essentiel est ailleurs »….
Malaké Chaoui
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