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La route de la pourpre de Norica-Daniella El Hallak et Tatiana Baher
A l’occasion de la parution de ce bel ouvrage qui a recueilli des mythes et légendes de Phénicie et illustrée par des enfants du Sud, nous avons posé quelques questions à Bassam Kahwaji de la maison d’édition Alarm.
Racontez-nous l'aventure de La Route de la pourpre
C'est l'histoire étonnante des auteurs qui nous a tout de suite attirés. Tatiana Baher et Norica El-Hallak sont d'origine russe et roumaine, mariées à des Libanais et installées à Tyr. Toutes deux sont aventurières et femmes de lettres. Elles ont accompli avec leurs enfants un énorme travail de collecte d'information sur les mythes phéniciens, complété par des dessins faits en famille. Comment ne pas être sensible à une telle démarche surtout lorsqu'elle touche à un domaine aussi mystérieux que la mythologie phénicienne ?
Quand et comment est né Alarm Editions ?
Alarm Editions est la concrétisation d'une de ces idées qui vous trotte dans la tête pendant des années et qui, un jour, se réalise. Cela fait maintenant trois ans que nous publions et, à chaque fois, c'est une rencontre et une aventure. Chaque livre est travaillé avec le plus grand soin et une grande complicité avec les auteurs.
Le fait de ne publier qu'un livre par an est-il un choix éditorial ?
« Un an, un livre » est jusqu'à présent une réalité à Alarm Editions, mais ce n'est pas une démarche volontaire. En réalité, la situation du pays a fait que tout a été moins vite au cours de ces trois dernières années.
Par ailleurs, nous aimons travailler comme des artisans et prendre le temps de soigner chaque étape, les textes et les images, la maquette et la fabrication...
Comment se porte aujourd'hui le marché de l'édition francophone au Liban ?
Concrètement, nous ne sommes pas éditeurs francophones. Nous nous voyons comme éditeurs libanais, d'ailleurs L'autre et le temps de Lamia Joreige est trilingue ; Man'ouché, écrit à la base en anglais, a été traduit en français ; et La route de la pourpre, notre dernier né, est sorti en français et doit être traduit en arabe et en anglais. Le problème n'est donc pas la langue mais l'édition locale en général qui souffre d'un marché très petit et du manque de subventions et d'aides à l'export. Je parle ici des livres en langue anglaise et française mais aussi, dans une moindre mesure, des livres en arabe.
Quels sont les projets de Alarm ?
Après ces trois années où nous avons touché à différents sujets, nous commençons à faire des choix et à organiser des mini-collections. Avec Barbara Massaad, nous préparons une suite à Man'ouché. La collection de livres d'artistes, commencée avec Lamia Joreige puis Jean-Marc Nahas (Jet d'encres), recherche un financement puisque ce créneau, intellectuellement nécessaire, n'est pas économiquement viable. Nous poursuivons toujours la même démarche basée sur le hasard des rencontres. C'est d'abord un auteur et des atomes crochus et ensuite l'aventure d'un livre.
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